Bichara Bouhari Payet a envoyé une logue missive au président du conseil départemental de Mayotte, Soibahadine Ibrahim Ramadani. Un courrier dans lequel elle cogne sur le président mais pas seulement. Nous allons entreprendre danalyser la lettre de Bichara Payet partie par partie et nous allons apporter des réponses et des explications. Cette première partie porte sur le conclave.

 

Un conclave pour élire le président… rien de nouveau. Voici ce que nous disait Sarah Mouhoussoune il y a deux ans :

« Je peux vous jurer et croyez-moi si réellement vous croyez en Dieu, à part Dieu personne d’autre, je le répète personne d’autre n’est au courant de ce que je suis en train de vous déposer sur ce papier. » Cest par cette phrase que Bichara Bouhari Payet conclut sa longue lettre de seize pages adressée à SIR (Soibahadine Ibrahim Ramadani), une lettre envoyée également au préfet de Mayotte, aux élus du conseil départemental, aux maires de Mayotte, aux parlementaires de Mayotte, au secrétaire et président des LR et même au président des LR en Métropole (et bizarrement pas au procureur de la République), autant dire que Bichara Payet navait pas envie de cacher son mécontentement. Cest ainsi donc que cette longue lettre a fuité et est arrivée entre nos mains.

SIR, "le plus grand intellectuel de la planète"

Bichara Payet, celle qui pourfendait Armamie Abdoul-Wassion, la conseillère de Mamoudzou 1, a donc pris la plume pour sen prendre au président du conseil départemental, quelle qualifie non sans ironie du « plus grand intellectuel de la planète » (NDLR: Celui-ci est docteur en sociologie). Et que nous dit-elle ? Dabord sur le conclave pour l’élection du président du conseil départemental : « Si je ne vote pas pour Soibahadine Ibrahim Ramadani que Dieu me punisse sévèrement et pour tout le reste de ma vie », cest la main sur le Coran que les élus de la majoritéont juré de voter pour Soibahadine Ibrahim Ramadani tout en regardant Echati Maanrifa, lactuelle directrice de la communication droit dans les yeux. On croit rêver à la lecture de cette scène, mais ces conclaves nont rien de nouveau ni de pratique « indépendantiste » comme laffirme Bichara Payet.

Soibaha

Soibahadine Ibrahim Ramadani, président du conseil départemental de Mayotte, impassible devant les critiques de Bichara Bouhari Payet et Armamie Abdoul-Wassion.

En mentionnant cela, la conseillère départementale de Dembéni voulait sans doute rappeler le passé indépendantiste du président du conseil départemental, qui fut lun des dirigeants du Front démocratique, parti qui militait pour l'indépendance du territoire des Comores, toujours existant, mais qui refuse de participer au processus électoral. Toutes les élections des présidents du conseil départemental se déroulent ainsi parce que les majorités étant très fragiles, on enferme les élus, coupés de tout et téléphones confisqués.

 

La grande patronne et son bateau découvrent la cachette du conclave

Ils étaient donc là-bas à lhôtel Trévani, isolés de tout et de tous. Puis à minuit, ils ont été déplacés manu militari « parce que la cachette était découverte ». En effet une grande patronne de la place venait à leur rencontre à bord de son bateau. Lanecdote de la patronne nest pas relatée par Bichara Payet, mais par un élu qui a vécu la scène. Et elle interroge. Que venait faire cette patronne à leur rencontre ? Que voulait-elle ? Pourquoi sintéressait-elle à la majorité du conseil départemental ?

Les critiques de Bichara Bouhari Payet et d'Armamie Abdoul-Wassion mises en scène par les humoristes de TV Mafoumbouni

Bichara Payet, politicienne de longue date, ne peut pas ignorer ces conclaves. Les conseillers départementaux n’élisent pas le président par conviction. Les majorités sont difficiles à constituer et finalement certains savent quils sont faiseurs de roi, comme ce fût le cas pour Hadj Mhoko ou encore Fatima Souffou parce quils peuvent être autant avec les Républicains quavec dautres partis et cest ainsi que les postes sont négociés.

Bichara

Bichara Bouhari Payet considère la gestion de la majorité du conseil départemental comme dictatoriale

Bichara Payet, Armamie Abdoul-Wassion, Ben Issa Ousseni, Raissa Andhum, Hadj Mhoko, Issa Abdou et tous les autres se sont donc alignés en rang doignons, et se sont présentés devant Echati Maanrifa la main sur le Coran, et ils ont juré de voter pour SIR. Echati Maanrifa s’est assurée de la sincérité de leurs paroles en les fixant droit dans les yeux. Comment est-ce possible ? Ne voient-ils pas le ridicule de la chose ?

Voilà comment les Républicains ont obtenu la majorité du conseil départemental. SIR a ensuite été élu par tous les conseillers départementaux. Comme un seul homme, ils ont voté pour lui, dans l’espoir qu’il n’y aurait pas d’opposition, qu’on ne les considérerait pas comme telle. D’ailleurs où est l’opposition ? Pourquoi ne l’entend-on pas ?

 

K. Abdil-Hadi

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